15 décembre 2006
Avertissement: soyez attentif car ce texte manque d'accents et de caracteres... au sens propre. Comme le dis le message precedent je suis au Cambodge, pays aux milles temples, pays tourmente par une recente guerre civile sanglante et genocidaire. Pays victime des bombes americaines pendant la pas si lointaine guerre du Vietnam. Pays qui detient toujours le triste record du pays le plus mine (mine anti-personnel) et l'un des pays les plus pauvre du monde.

Heureusement, cette triste introduction contraste avec les constats que peuvent tirer les voyageurs (de plus en plus nombreux) qui s'aventurent dans ce pays situe au coeur de l'Asie du Sud-Est. L'acceuil que nous reserve les Cambodgiens est surprenant et emouvant. Apres avoir traverse le tres touristique Vietnam ou l'on se sens parfois comme un guichet ou tout le monde voudrait faire un retrait (sans rien enlever a la chaleur de ses habitants), le Cambodge nous parait comme un endroit relaxe ou les "Bonjour!" "Hello!" ou "Sua's dei!" sont gratuit. Paysages de campagne aux milles tons de vert, merveilles naturelles restees naturelles et petites villes tranquilles, le Cambodge m'a charme. Sans oublier le style architectural Khmer qui rivalise en beaute (selon moi) avec les plus beaux monuments d'Europe (du moins, ceux que j'ai vu). Vous ai-je parle des ruines d 'Angkorwat cache au milieu de la jungle et qui attirent a elles seules des centaines de millier de visiteurs (annuellement)? je vous en reparlerai quand je les aurai vu.

Maintenant place a l'aventure...

Motoohhh a Bokor

Notre premiere destination cambodgienne (apres la capitale Phnom Penh) fut Sihanoukville, petite ville cotiere du Sud-Ouest. Nous avons ete enchante par sont petit air relaxe au tourisme sous-developpe. Un peu au hasard nous nous sommes ensuite oriente vers Kampot, une autre petite ville au tourisme quasi-inexistant. Pour savoir que faire dans ce bled nous nous sommes refere au trop populaire mais souvent utile "Lonely Planet" (guide de voyage) et au "Routard" (equivalent Francais). Tous deux recommandaient la visite de "Bokor", une Ancienne station balneaire datant de l'epoque coloniale francaise, en ruine suite aux combats entre Khmer-Rouge et Vietnamiens (les murs sont cribles de trous de balles) et laissee a l'abandon. La station est a 1100 m d'altitude au coeur la jungle et du plus grand parc national du Cambodge ou vivent toujours tigres, elephants, singes et autres amis de la faune. Toutefois, nos guides (livres) se contredisaient sur la maniere d'acceder au site, l'un affirmait que l'ascension etait possible (mais penible) avec une petite moto 100cc alors que l'autre conseillait une grosse moto hors-route pour "pilotes experimentes seulement". Tous deux s'accordaient sur le fait que la route etait en tres mauvais etat et qu'il etait preferable d'y aller en 4x4 avec un groupe organise.

Las des voyages organises (voir chronique plus bas) et en mal de sensations fortes (pour ma part), nous nous sommes loue une moto hors-route 250cc (Honda XR - pour les conaisseurs). Je met ici un bemol: je sais conduire une moto mais je ne suis pas un conducteur tres experimente. Ceci etant dis, j'aime les defis alors ...en route.

Les quinze minutes de route pour se rendre a l'entree du parc me permettent de me familiariser avec la moto (!!) . L'ascension est a peine commencee, j'en ai plein les bras, alors que Manu se laisse balloter derriere (elle refoule son stress je le sens), je me bat avec la piste qui ne peut recevoir le qualificatif de route. Tenir l'equilibre dans les ornieres remplies de gros gravier (grosseur balle de baseball) et de roches est difficile. Trouver la bonne ligne entre les ravins creuses par la pluie demande toute ma concentration. Eviter les roches pointues qui cherchent a creuver les pneus releve de la chance plus de que du talent. Grimper les sections abruptes faites de roche lavee par la pluie arrache du moteur de la moto un bruit infernal et fait rebondir la suspension de facon incontrolable. Les rares bouts d'asphalte (moins de 50 metres en tout) sont parsemes de nids d'autruches sans fond. Les guides (livres) mentionnent que la montee prend en moyenne trois heures, je mise sur leur imprecision. Apres 40 minutes, seul l'orgeuil m'empeche de rebrousser chemin. Evidemment pour ne pas alerter Manu, je refoule mon desarroi et j'affiche un regard confiant et rassurant, elle n'y voit que du feu et me dit qu'elle trouve la route plus belle que ce qu'elle avait espere(!!!!). J'oche la tete et j'affiche un regard confiant et rassurant. Nous faisons notre chemin presque sans embuche, j'ai les bras et les epaules en feu, mes mains qui vibre en permanence ont pris la couleur noir des poignee sous laquelle je devine des ampoules rouge cramoisie.
Alors que nous atteignons la premiere ruine, mon calvaire n'est pas termine, les autres ruines sont huit kilometres plus loin... Mais pire encore, je realise nous allons devoir redescendre (!!!). Par chance, nous atteignons (presque) indemnes les autres ruines. Alors que Manu admire les ruines, la vue, le soleil, les fleurs et les oiseaux, mon cerveau est preoccupe par la descente. J'affiche un regard confiant et rassurant. Y a-t'il un echappatoir, peut-etre pouvons-nous rester ici? redescendre en delta-plane?
Je precipite la visite, nous devons prendre le temps de redescendre lentement. Ai-je mentionne que je n'ai jamais conduit de moto en montagne? Comme un plongeur olympique, j'amorce la descente en ayant l'air de savoir ce que je fais et mon je prend un petit air concentre qui camoufle ma nervosite. Apres quelques minutes... surprise, je suis etonnament a l'aise, je manoeuvre la moto entre les roche pointus, par dessus les nids d'autruches, je survole le gravier "balle de baseball"et je descent les sections abruptes sans broncher. La moto se comporte... comme un velo de montagne. J'aime. Nous sommes de retour a l'entree en un temps record (2 heures).

Nous faisons une pause a l'entree du parc. J'enleve mon casque, j'affiche un regard confiant et rassurant : " Belle balade n'est-ce pas? "


 
publié par Jé à 12/15/2006 03:43:00 p.m. |